Monter à cheval, vous en conviendrez, est parfaitement exaltant.
Sentir la puissance de muscles qui jouent sous la selle, les abducteurs et les adducteurs se bandant comme la corde d'un arc...
La vitesse qui vous grise...
Cette sensation de voler dans les airs qui semble pouvoir vous faire oublier le reste du monde durant l'espace de quelques instants...
Pourtant, cela ne reste que de l'équitation. Et avec son naturel égoïste -vérifié par nos philosophes- l'être humain parait oublier par trop souvent que le cheval reste avant toute chose un être de chair et de sang.
Son extrême bonté et sa générosité lui ont fait outrepasser le fait que l'humain était un prédateur. Nombreux alors, avons-nous été à profiter de ces qualités pour en abuser avec une inconvenance qui frise l'ignominie.
Ce véritable art de la psychologie équine -que nous appelons aujourd'hui "l'Ethologie" compromet en un sens cette vision pour la moins conservatrice de l'équitation. On l'a dit apparut dans les années 30 par le biais du grand monsieur que fut Tom Dorrance. Pourtant, l'on se plait à croire qu'elle exista bien avant le XXème siècle. Héritage d'un peuple nomade, transmit aux indiens avant de réaliser toute son ampleur par la grâce de nos "whisperers".
Pat Parelli, Monty Roberts et bien d'autres encore... leurs écrits ne seraient-ils pas -en quelque sorte- une forme d'apologie du "Horse-Man-Ship?
Plus, qu'une diffusion de "an other way of thinking", ne nous trouvons-nous pas confrontés à une Guerre de Roses?
Il reste néanmoins que chacun peut prétendre à mener la vie qui le séduit, tant que cela ne nuit pas, bien entendu, aux droits d'autrui.
A travers la mondialisation, la dominance des médias sur nos comportements ne sauraient toutefois avoir prise sur les songes les plus profonds.
Me concernant, je n'entrevois pas de ma destinée quelques prémices à une confrontation idéologique. Éprouvée par la sensibilité équine et le charme d'un monde de magie à l'état pure qui puis opérer sur nos sens et les leurs, à l'aurore de ma vie, je m'abandonne à une passion dont je ne saurais considérer de fin.
"Le c½ur à ses raisons que la raison ignore..."
"La parole est d'argent, le silence est d'or..."
"L'air du paradis est celui qui souffle entre les oreilles d'un cheval..."
Soit. Auréolée d'Amour par ceux qui seront à jamais chers à mon c½ur, je me dédie avec la pleine conscience des difficultés présagées, à un avenir qui fut toujours celui que je n'osais espérer.
En cela même si je puis passer pour folle -ce que je suis entre nous- ils font partie intégrante de moi. Ils sont les fragments de mon âme; mon courage, ma fierté, mes rêves, mes espoirs. Proie de leur émotions, ils font de moi peine comme joie.
J'aime la fragrance enivrante du cuir, de la sueur mêlée au poil, du crottin et de la paille. J'aime dormir dans le foin, m'allonger dans l'herbe, la terre ou le sable et les sentir eux, auprès de moi. J'aime leurs souffles, leurs regards. J'aime leur façon d'exprimer leur personnalité, leur caractère, leur identité. J'aime leurs défauts tout autant que leurs qualités. Mais plus que tout, j'aime à penser qu'ils m'appartiennent comme je leur appartiens, mes chevaux, mes Amours.